mardi 12 septembre 2006
no logo
Edité en janvier 2000, NO LOGO est devenu un succès de librairie. Richement documenté, le livre est un véritable pamphlet contre la nouvelle société de consommation homogénéisée à l’échelle mondiale. Le village planétaire, l’ado mondial résolu à se couler dans un moule fabriqué par les médias, l’hégémonie visuelle et effective de la marque sont autant d‘éléments contre lesquels Naomi Klein s’insurge.
Dans un monde globalisé, l’importance de la production s’est vue détrôner par le swoosh de Nike ou l’alligator de Lacoste ; désormais, le produit apparent fait seulement office de matériau de remplissage dans la production réelle : la marque.
Le branding a surtout adoubé la marque en tant que mythe de l’imaginaire collectif, concept, expérience ou style de vie. Ainsi, les boutiques Body Shop se réclament-elles du mouvement écologique. Et Nike d’affirmer que sa mission est d'améliorer la vie des gens par le sport et la forme physique et de garder vivante la magie du sport …
il a également dépouillé les mouvements revendicatifs de leurs essences les réduisant à un style vestimentaire, une identité à vendre. C’est ainsi que le multiculturalisme est devenu, tout comme les mouvements hip-hop ou funk un gisement de l’imagerie carnavalesque, une vulgaire affiche Benetton. La nationalité, la langue l’ethnie la religion et la politique sont quant à elles circonscrites dans leurs accessoires les plus exotiques, tel un T-shirt griffé à l’effigie du Che.
Cette tyrannie des marques n’est pas sans creuser la fracture sociale et le clivage nord-sud, compresser les salaires et les syndicats et dégrader les conditions de travail. Naomi Klein termine son essai sur une note d’espoir. En effet, selon l’auteure, un autre monde est possible. Elle prône une réhabilitation du pouvoir politique jusqu’ici amoindri par les exigences du marché ; elle appelle également à la promotion de l’éducation et de la syndicalisation. Que vous soyez acquis à la thèse alter mondialiste ou fervent libéral, ce livre dessille les yeux sur les réalité du nouvel ordre mondial.
Commentaires
« tyrannie des marques »
J’ai beaucoup apprécié cette expression « tyrannie des marques », mais cette tyrannie ne serait elle pas le résultat d’une résignation du tout consumérisme, ou bien d’une domestication des mouvements consuméristes ? Depuis Ralph Nader, le consumérisme ne fait que tourner en rond ! Très bon choix du sujet !
oui, c'est vraiment désolant... et on ne peut pas dire que les mouvements qui pourraient contrer cette tyrannie des marque fassent le poids... qq temps après la parution du livre, une nouvelle chaine de vetements a vu le jour, grifée...no logo.
on vis une véritable agression publicitaire, qui envahit l'espace public. c'est décidément l'homo consonmontus..
Délire Ministériel :
Petite remarque dans le même sens : les uniformes scolaires dans les établissements marocains. La raison est à priori de montrer un certain respect et diminuer les écarts sociaux en imposant une même tenue vestimentaire. Le fait est que le pauvre n’aura même plus le choix et devra porter une même chemise blanche et un même pantalon une semaine durant, tandis que le riche changera son Francesco Smalto contre un Van Gils et cela deux fois par jour. Alors on n’est pas encore sorti de l’auberge... Et la tyrannie prend des allures de diableries...
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